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25 octobre 2009 7 25 /10 /octobre /2009 23:47

C’est carré, ou pas, en volume : parallélépipède rectangle qu’ils disent ; dessus ou dedans y a des objets. Et ça castagne dans les étaux, ça mord, ça serre, joint, étreint son épiderme de bois. Et ça tape sur son dos, pauvre de lui, fourbu, il souffle à peine. Des lames le picotent et le saignent, ça fait des copeaux, des tire-bouchons de bois qui chatouillent, des lamelles d’acier qui lacèrent.


Et les odeurs, et la douleur, on s’égosille au dessus, on trépigne en dessous. Et parfois la sueur, quelques gouttes d’eau salé perlent au front de l’homme, congénère de chair, et viennent éclabousser l’échine souillé du vieil ami.


Et ca ronronne quand c’est fini, dans le noir, la nuit, l’établi se rétablit.

 

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 19:36
Un peu à l'image de la Métamorphose de Kafka, l'exercice consistait à plonger son personnage dans l'expérience de la métamorphose soudaine, au choix : Le chien de ferme, un steak dans un frigo, un soldat en guerre. J'ai choisi le soldat.

Atelier 4

Ca siffle tout d'un coup. Une odeur acre le prend à la gorge. Partout des gerbes brunes éclatent. De ci de-là des hommes tombes, les gerbes rougissent. Son crâne explose à chaque instant. Sa peau le brûle, ses os lui font mal, son bras hurle d'une douleur sourde. La mitrailleuse qu'il porte lui laboure le biceps. Il s'affale dans la boue. Le souffle court il cherche à comprend, ce qu'il fout là.

Anoé vit dans une petite ville dans le sud de Nekir. Hier encore avant de se coucher il a regardé le levé des lunes avec sa bien aimée. Le bonheur qu'il vit avec elle l'étonne chaque matin. Mais ce matin elle n'était pas là, il n'était pas dans son lit. Il s'est réveillé dans une plaine, harnaché comme un mulet avec entre les mains une arme à feu. Etrangement il s'avait s'en servir, pire il n'en fut qu'à peine étonné, lui qui n'a jamais tenu qu'une fourche comme arme.

Il pleur, l'esprit en proie à une totale incompréhension. Les bombardements on cessé, le sang peu à peu arrête de frapper ses tempes. Il reprend conscience, en sueur, sa femme tamponne son visage couvert de sueur. Le soleil est haut dans le ciel. Elle le regard anxieuse. « Ca va ? Tu es tombé comme ca sans un mot, et te voilà trempé et à bout de souffle.

- Je...je vais bien. »

Il se relève péniblement supporté par Shiléa, son bras lui fait toujours un mal de chien. Il soulève sa chemise, une large marque violette lui constelle le bras. Il ne comprend pas grand-chose. Il s'assoie avec difficulté sur le lit, et rapidement bercé par la voix de sa belle il s'endort.

Un hurlement le réveille, un hurlement rauque et puissant, un homme est à ses côtés. Un guerrier dans temps ancien, il est grand et large, ses cheveux sont courts et crasseux. Il porte à son flan gauche une épée de bâtarde immense. L'homme lui sourit des quelques dents qui lui reste. « T'inquiète bonhomme, ca fait trente ans que je guerroie à mes côté tu ne risques rien. »

Anoé ne répond rien, il s'observe maintenant, il porte une tunique de guerre un peu trop familière à son gout. Les épées courtes qu'il porte à sa ceinture porte les emblèmes de sa famille, lorsque celle-ci possédait des terres au nord de Nekir. Il sent une odeur de souffre, il tourne la tête. De gigantesques dragons tournoient dans le ciel, arrosant copieusement le camp ennemi à son grand soulagement. En face, un bon millier d'hommes trépigne, d'impatience ou de peur, c'est selon.

Les cornes retentissent, il se souvient, la bataille d'Ibrisza, son bisaïeule y a combattu. Cette bataille à une résonnance particulière dans ses souvenirs d'enfance, lorsqu'on lui narrait les exploits de l'ancêtre. Il sait où aller, où les troupes tourneront et où la mort s'abattra. Il plonge dans la mêlé avec une étrange confiance. Cette bataille n'est pas la sienne, cette vie n'es pas la sienne alors quel sont les risques ? Il frappe, il tourne sur lui-même exécute des techniques martiales qu'il ne connait pas.

Jamais il ne s'est battu avec qui que se soit mais il sait où frapper, il sait mieux que quiconque comment tuer. L'homme qui est à ses côtés lui cri quelques mots : plutôt pas mal le bizut, mais garde tes forces, il en reste derrière la colline. Tout cela il le sait, ils attendent derrière la colline avec des buffles de guerre. Le seul moyen de les avoir est de contourner. Mais personne ne sait pour les buffles.

Leur bataillon court à sa perte, affolé que son bisaïeule n'est pas encore entamé la manœuvre qui l'a rendu célèbre, il attrape un drapeau et fait signe à son escouade de contourner la passe, de prendre à revers. Personne ne le contredit, l'urgence est là, le combat fait rage. Quand le sang coule à flot l'homme ne pense plus il agit, quand la mort rôde, l'homme obéit à ses instincts à ses habitus acquis à force de répétition. Chacun le suit.




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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 15:20

Le sujet du jour : Prendre un phrase courte "Il entra en souriant et lui tendit la main. " et la développer peu à peu pour en avoir une d'un demi feuillet .... j'ai tenté voici le résultat ... si ca vous tente envoyez moi votre essai  :p


Atelier 3


Il entra en souriant et lui tendit la main.


La nuit avait été longue, il avait patienté plusieurs heures avant de se décider, il entra en souriant, la salle était encore dans la pénombre mais il voyait clairement son interlocuteur, sans un bruit, il s'approcha et lui tendit la main, une main plus froide encore que le cadavre étendu sur le sol.


La nuit avait été longue pour le professeur, il avait patienté plusieurs heure avant de se décider à intervenir, à présenter ses réflexions, il entra tout de même en souriant, la salle était encore bercée par la pénombre de l'aube mais il voyait clairement le regard franc et intrigué de son interlocuteur, sans un bruit en à peine un murmure il s'approcha et lui tendit la main, une large main plus froide encore que le cadavre étendu sur le sol de la petite chambre de bonne.


Cette journée d'hivers lui avait paru sans fin, comme insensée, puis le soleil s'était couché et la nuit avait été démesurément plus longue pour le professeur, il avait patienté plusieurs heures avant de se décider à intervenir (méditant aux choses de la vie comme lui avait appris son amis Sun Han il y a bien des ans auparavant), il parviendrait enfin à présenter ses réflexions ; car ce qui se conçoit bien s'énonce clairement parait-il ; l'odeur était forte presque saisissante, il entra tout de même en souriant, la salle était encore bercée par la pénombre de l'aube mais il voyait clairement le regard franc et intrigué de son jeune interlocuteur, cela devait être sa première affaire, pauvre gosse, sale histoire pour une première enquête, sans un bruit en à peine un murmure il s'approcha de l'inspecteur jusqu'à lire son nom sur son badge : Barto, et toujours sans un mot il lui tendit une main plus froide encore que le cadavre étendu inerte sur le sol de la petite chambre de bonne, un large main comme les ont les bateliers, et comme pour répondre à une question tacite il se présenta : je m'appelle Antoine, j'ai pas vraiment d'état de service, j'suis sur que vous en aurez rien a foutre mais pense pouvoir vous aider à retrouver le type qui a mis la gamine sur le carreau, ca fait deux jours que je le filoche pour une cliente, rien de vraiment formel, j'fais ca en free lance, c'est comme qui dirait pour les fin de mois, enfin au risque de pas plaire j'dirais que c'est pas un homme qu'a fait ca, un démon pour sur, sale histoire...


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5 novembre 2008 3 05 /11 /novembre /2008 12:06
Nouvel atelier nouvel exercice, travail plus long : écrire un récit en alternant les passages narratifs et les passages reflexifs, un jeu intellectuel plutôt interessant et difficile qui m'a apporté beaucoup de satisfaction ...

Atelier 2

    Le jeune voyageur erre depuis bien des jours sur les terres infertiles du désert de Mann. Il marche comme marchent les hommes qui n’ont plus rien à attendre de la vie. Quand l’homme prend conscience qu’il n’est qu’amas de chairs et de liquides variés. Quand ses yeux s’ouvrent sur un abysse bien plus profond que ne peut percevoir sa pauvre cervelle. Un simple grain de matière dans l’infini du monde. Ainsi plus rien n’a de sens, car après tout à quoi bon ? Les actes ont-il une signification si personne n’en est témoin ? Seul dans ce désert existe-il ? Personne ne peut lui certifier qu’il n’est pas mort. Personne depuis ce soir là ne peut lui affirmer qu’il ne délire pas. Une seule chose est sur, il doute…

     Pour comprendre, pour s’assurer qu’il est en vie il doit y retourner … La source des choses le seul endroit où il ne s’est jamais senti chez lui. Alors il marche, il voulait contourner le désert, prendre par la forêt mais ses sens en ont décidé autrement. Après tout que risque-t-il ? Si le désert le rejette, ça prouvera qu’il existe pour quelqu’un, ou quelque chose. Mais tout ce confirme, personne ne le voit. Le vide partout. Dans sa tête, plus rien, dans son estomac, plus rien, dans ce désert, plus rien. Les heures avancent, le dévorent. Il tombe. Encore le vide.

     Un autre monde s’ouvre, noir, l’obscurité cache tout. Les vapeurs de l’inconscience ont cela de salutaire qu’elles ne laissent pas de place aux doutes. Elles sont une salvatrice rédemption pour les cœurs meurtris. Ce noir si rassurant, où des images parfois s’animent et se figent au rythme des rêves, se mue en peur lorsque les yeux s’ouvrent. Quand les ombres nous recouvrent et font disparaitre nos corps, les choses que nous percevons.

     L’homme s’éveille de longues heures plus tard, les ténèbres lui dévorent le corps. Il ne voit plus, pas même ses mains qu’il brandit pourtant devant lui. La teneur du sol à changé, il est glacé, humide, de la pierre sans doute. Il cri, il hurle, personne ne lui répond, juste le vague écho de sa propre voix. Il peine à se remettre debout, ses jambes flagelles, il marche avec précaution dans cette terrifiante noirceur. Il heurte un mur, entreprend de le longer, un coin et un autre mur, en angle droit semble-t-il. Les minutes passent, s’allongent, s’étendent en heures. Un bruit sourd retenti dans l’étrange geôle, ou à l’extérieur qui peut savoir. Des bruits de pas, Quelque chose approche.

     - Bonsoir.

     - Qui êtes-vous ?

     - Un ami qui ne désire pas se révéler, du moins pas maintenant.

     - Que me voulez-vous ?

     - Vous avez peur et je le comprends aisément. Rassurez-vous, ça va aller. Je sais qui vous êtes mon jeune ami et jamais je ne lèverais la main sur vous. Mais vous allez devoir me faire confiance. Cette conversation doit restez inscrite en vous profondément. Vous existez, vous êtes promis à de grandes choses, alors ne gâchez pas tout. Le monde, vous savez, n’est pas aussi manichéen que vous le pensez. Les nuances quoique subtiles parfois existent réellement...

     - Tout ça ne m’intéresse pas, je veux juste comprendre !

     - Vous en aurez le temps là où vous aller, et un jour une rencontre, un simple échange de regard vous ouvrira les yeux… si je puis m’exprimer ainsi. L’inconnu émet alors un ricanement étrange.

     Pardon cela fait tant d’année que je n’ai pas ri. Vous verrez bien, je sais que ce que je vous dis n’a pas d’importance pour vous, mais n’oubliez rien, je sais que vous en êtes capable. Maintenant je vais vous reconduire aux portes de mon royaume, près de votre destination. Soyez vigilant, et vous saurez faire les bon choix. 

     Une lumière intense illumine soudain la pièce. Le jeune homme se protège le visage du revers de la main quand il sent une force le projeter avec célérité dans un tout autre environnement. Il chute bientôt sur le sol poussiéreux d’une large plaine. Devant lui les hautes herbes des prairies de la cité lumineuse. « Encore quelques jours de marche » se dit-il avant de s’effondrer de nouveau, un sommeil profond l’emporte. Son esprit est étrangement apaisé.

     Quand les péripéties des hommes deviennent trop lourdes pour leurs épaules, leur vieil encéphale transforme les mondes. Tout devient dérisoire. Les malheurs de la vie ne les accablent plus de la même façon. Les peur irrépressibles des dernières heures ont mué ses doutes en tracas fugaces. L’homme n’est qu’un point dans l’univers, ses actions des gouttes dans l’océan de l’éternité.

     De telles pensées ne traversent pas notre jeune compagnon qui se relève péniblement le lendemain matin. Désormais son corps est transporté par une volonté implacable, la certitude que quoiqu’il arrive il atteindra son dérisoire objectif. Ses peurs se trouvent là-bas, il ne peut perdre plus de temps, il doit les affronter. La lutte ne fait que commencer.

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4 novembre 2008 2 04 /11 /novembre /2008 11:28
Il y a maintenant bien quatre ans que j'ai découvert l'atelier d'écriture de la bibliothèque de Bessancourt. Après un long intermède bourguignon me revoilà dans les contrées val d'oisienne, je peux enfin retourné à l'atelier.

Chaque séance l'animateur nous propose un exercice à développer chez soi afin d'avoir plus de temps, et comme toujours je le fais la veille pour le lendemain, alala on se refait pas... donc j'ai eu l'idée de vous soumettre mes écrits... vous pourrez me donner vos avis, vos critiques ^^


Atelier 1


La consigne de cet exercice, consigne assez classique : le texte doit commencer par  « Que dirais-tu si je me rasais la moustache ? » et finir par « Il avait terminé à présent. »

  « Que dirais-tu si je me rasais la moustache ? »

     La question me trottait dans la tête depuis des années maintenant. Il me l’avait posée avant de partir. J’étais jeune à l’époque et ça m’importait peu à vrai dire, de savoir ce que j’en dirais. Ça m’importait peu de savoir ce qu’il y avait derrière ces poils que j’avais toujours connu, derrière ce masque protecteur. Sotte que j’étais.

     Toute sa vie durant il nous avait protégé ma mère et moi, des assauts des hordes, des rigueurs de l’hiver, de la faim. La peur s’était éloignée, se muant en un point à l’horizon. Pourquoi avoir peur, il était là. Lui et cette moustache si caractéristique. Elle qui descendait de chaque coté de sa large bouche, couronnant son visage d’une noblesse sauvage. Ce visage magnifique qu’ont les guerriers du nord aux yeux gris des mers et à la crinière d’or. De part et d’autre de celui-ci descendaient de longs favoris, complétant ainsi le fier portrait de mon père. Les gens du village respectaient l’homme tout autant que la toison.

     Ce jour là, ce fameux jour, il semblait différent, emprunt d’un spleen que je ne lui connaissais pas. Mais qu’importait, il avait posé cette étrange question, j’avais grommelé en avalant ma tartine. Je ne lui avais pas même jeté un regard.

     Il était sorti sans rien dire.

     Les jours, les mois avaient passés. Le temps s’était dégradé. La pluie automnale avait fait son apparition et lui n’était pas reparut. C’est au début de décembre qu’il est revenu. Amaigri, fatigué, le visage tuméfié et anormalement imberbe. Et bien que les jours se rallongeaient enfin, ses poils, sa barbe ne repoussait plus. Et bien que les barbares fussent à nos portes, il ne se relevait plus. Toute sa vie durant il nous avait protégées.

     

     … Il avait terminé à présent.

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